Sculptant en duo, soeur et frère, complices de toujours, nos explorations artistiques n’ont cessé de nous passionner au fil des années, d’autant que le métier de sculpteur est une tradition dans notre famille depuis plus de cinq décennies.
La complémentarité que nous trouvons en sculptant en collaboration nous a permis d’aller au-delà de notre propre travail et de dépasser nos recherches individuelles. Nous ne travaillons pas côte à côte mais ensemble, il y a une fusion de nos cheminements. L’élaboration de l’œuvre commune est fondée sur un principe de communication et d’échange, tout en respectant l’identité intellectuelle de chacun.
Nous avons vécu notre enfance au cœur d’une nature foisonnante avec ses lacs, chutes et forêts. Ce milieu fut un terrain fertile pour nourrir notre imaginaire et nos réalisations futures. C’est ainsi que notre processus de création a été guidé par une conscience aiguë de la fragilité des écosystèmes avec lesquels les êtres humains partagent les ressources planétaires.
Chronologiquement notre corpus d’œuvres sculpturales tourne autour de deux axes prin-cipaux avec une évolution dans notre rapport à la thématique qui nous interpelle aujourd’hui: l’eau qui soutient la vie est en péril. Notre première série de sculptures les Jardins des Élixirs et les Dormeuses au Jardin sont des hymnes à la solidarité biologique montrant que tous les éléments qui contribuent à la survie des espèces sont reliés. Dans le second groupe, les plus récentes, le rapport de l’humain à la nature est fragilisé, la problématique de l’eau et ses déséquilibres fait surface et oriente désormais notre propos et nos recherches en sculpture.
La création de chaque nouvelle oeuvre s’effectue en binôme dans un climat d’effervescence intellectuelle : des esquisses jetées sur papier, de l’argile grossièrement façonnée et remodelée en de multiples formes, des dessins et photos de modèles vivants, des fragments de matériaux de toutes sortes qui sont assemblés pour simuler des socles, des accessoires, des environnements et puis des études antérieures transformées…
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Le sujet doit être convaincant dans toutes ses composantes : volumes, dimensions, mouve-ments, jeu des pleins et des vides, expression physionomique, en un mot son architecture. La réalisation des œuvres se déroule dans un esprit de grande flexibilité à tous niveaux. De l’armature de notre petite étude à celle qui devient l’ossature de l’œuvre finale, la similitude est constante, elles doivent être polyvalentes, remaniables. La terre cireuse qui nous sert à façonner et réaliser nos œuvres, l’argile synthétique, nous offre aussi ce potentiel de transformation car elle ne sèche jamais. À la fin du travail, la terre sera encore vivante, laissant partout visible l’inscription de nos empreintes entremêlées.
Le bronze et l’aluminium sont les matières que nous privilégions actuellement. D’autres ont précédé comme le bois, le plâtre résineux, diverses résines, et, assurément, de nouvelles matières seront considérées dans le futur car l’exploration de matériaux et techniques de travail est stimulant, voire essentiel à l’évolution de nos créations.
Nos sculptures ne sont pas des objets destinés à l’observation passive. Ce sont des sujets sur-prenants, parfois poétiques, parfois réalistes, parfois relevant de l’anticipation en regard du thème principal et qui, toujours, invitent à la réflexion et au dialogue.
Céline White et Jean-Guy White
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