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Parcours - L'informateur des arts. vol. 10 no 4, hiver 2005. Page 34.
(transcription du texte)

Céline White, Dormeuse au jardin-1, 2004, technique mixte, rehauts or fin 23 carats, édition de deux, 162 s 56 x 13 cm. Sculpture réalisée en collaboration avec Jean-Guy White



Parcours - L'informateur des arts. vol. 10 no 4, hiver 2005. Page 36
(transcription du texte)

Céline White, de gauche à droite:
Dormeuse debout :
blanche heure, 2002, acrylique sur toile, 19 x 19 cm.
Dormeur debout:
le soupir, 2002, acrylique sur toile, 25 x 33 cm.
Dormeur debout:
le silence, 2002, acrylique sur toile, 37 x 32 cm.

 


Parcours - L'informateur des arts. vol. 10 no 4, hiver 2005. Page 37
(transcription du texte)

 

Transcription du texte

Céline White
Artiste
Le (grand) Cycle des transformations

Pourquoi l’on vit, pourquoi l’on meurt? Voilà une double question qui, de toute évidence, ne pourra jamais se résumer à une seule réponse, suscitant plutôt des myriades d’hypothèses et de vérités, petites et grandes. En fait, peut-être bien qu’il y a autant de réponses qu’il existe d’êtres vivants sur cette terre humains, animaux, végétaux comme minéraux sont- ils tous égaux face à la vie, face à la mort? Ils le sont en tout cas sur un point: tous se transforment; rien ne se perd, rien ne se crée. On croirait entendre Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794), célèbre chimiste français, le père de la chimie dit-on (guillotiné sous l’ordre du tribunal populaire de la Révolution française en 1794), ou encore un écho du I Jing (Yi Ching), le grand livre des transformations d’origine chinoise proche de la philosophie bouddhiste. Rien ne se perd, rien ne se crée voilà ce qui semble résumer le mieux l’oeuvre de Céline White, artiste multidisciplinaire dont le propos artistique est étroitement lié à la nature dans toutes ses réalités et pour qui la transformation et la pérennité de la vie ne constituent pas une théorie, mais une réalité. Il suffit d’observer la vie autour de soi. Il suffit peut-être aussi d’éviter de tomber dans les pièges de la pensée romantique. « Les animaux, les végétaux, les insectes et les gens meurent et deviennent des sédiments. Puis, de cycle en cycle, d’une transformation à une autre, ils se changent en parcelles de la masse de phosphate terrestre, contribuant ainsi par leur richesse à l’éclosion d’une fleur qu’un enfant respirera un matin de juillet... Cette fleur sera butinée, son pollen partira au vent et, en fin de cycle, elle se changera en terreau pour contribuer à nouveau à la vie... On peut revenir des milliers et même des millions d’années en arrière, on conserve et l’on conservera toujours des traces des vies les plus lointaines par des fragments de la pensée de ceux et celles qui nous ont précédés. Tout, la moindre parcelle de pensée ou de vie physique, laisse une trace. Nous portons en nous notre éternité, la somme de toutes les choses. » Voilà comment Céline White explique la direction de son propos, la première assise de son oeuvre. Voilà, en essence, ce qui pousse cette artiste singulière à scruter la matière pour en faire jaillir des tableaux, des dessins et des sculptures qui, au-delà de l’image, mais aussi avec la précieuse complicité de celle-ci, communiquent depuis déjà plus de vingt ans la richesse de ses observations et de ses réflexions sur la vie dans de fabuleuses et inestimables danses métaphoriques.
Comment tout cela se traduit-il concrètement dans son art ? De différentes manières, et ce dans tous les sens du terme. En effet, Céline White ne pourrait s’exprimer et étoffer ses réflexions par l’entremise d’un seul médium. Sa peinture, sa sculpture et son dessin sont autant d’outils par lesquels elle exprime ses préoccupations artistiques comme humaines... Stylistiquement parlant, l’artiste a également recours à plusieurs façons de rendre le réel et tout ce qui le porte, visible comme invisible.

Par exemple, elle peint des tableaux de facture académique aux accents surréalistes, comme c’est le cas dans Variation pour cordes et percussions et La cité des échassiers, ce dernier se démarquant cependant par la complexité de la composition. Dans un cas comme dans l’autre, elle offre un spectacle pictural pleinement maîtrisé dont la symbolique apparente induira chez le regardeur l’exploration d’une foule d’hypothèses, lui procurant des heures de réflexion, un processus dont l’issue sera différente selon le regard. Néanmoins, l’artiste a aussi sa vision propre... « J’ai peint La cité des échassiers alors que mon père était à l’hôpital, entre la vie et la mort. Je pensais à lui à chaque instant. Dans cette toile, la vie et la mort se côtoient. Je n’en voyais rien à ce moment-là. Des gens me l’ont fait remarquer: les oeufs, le brin de blé cassé, la grenouille qui se fera peut-être dévorer... La toile exprime l’attente, un entre-deux ; le temps est suspendu. J’attendais une réponse : la vie ou la mort.

L’artiste produit également des tableaux aux accents classiques, qui sont toutefois beaucoup plus épurés. À titre d’exemple, sa série Les dormeurs ne présente que des têtes, avec le torse, installées dans des positions de dormeurs. Souvent de petit format, ces tableaux constituent autant d’odes à la vie comme à la mort. En fait, pour Céline White, il n’existe que la vie... Elle supplante tout! En réalité, il faut savoir que tout dans son oeuvre se fait écho, tout se correspond chaque approche, chaque médium se nourrit des autres. Ainsi, ses dormeurs donneront vie à des sculptures, Dormeuse au jardin, des bas-reliefs inspirés, réalisés avec finesse, délicatesse et une grande subtilité formelle. Ces mêmes sculptures puisent — ou leur servent de puits — dans des dessins filiformes réalisés d’une seule ligne continue, blanche sur fond noir. « Ils sont partout (mes dessins), sous les motifs de mes toiles et de mes sculptures. Ils peuvent aussi vivre seuls ; ils sont autonomes... Ces dessins trouvent leur origine dans le calme, la paix de l’esprit, un fort sentiment d’appartenance à tout ce qui m’entoure, à tout ce que je vis. Lentement ou vivement, les lignes surgissent sur le papier en traçant ce qui doit être... » Ces dessins sont absolument fondamentaux. Bien qu’ils soient peut-être moins séduisants pour l’amateur, le connaisseur saura retrouver en eux l’essence de l’oeuvre et du propos de Céline White. L’artiste, et c’est là un trait essentiel de sa personnalité et de sa démarche, est une irréductible de la qualité et de la satisfaction. Sans relâche elle scrutera, documentera, analysera, réalisera et détruira pour ensuite refaire, reconstruire, jusqu’à sa pleine satisfaction. Ce souci d’authenticité vient étoffer encore un talent et une réflexion déjà hors du commun.


Robert Bernier

 

Dormeuse au jardin - 1


Parcours - L'informateur des arts. vol. 10 no 4, hiver 2005. Page 35

ÉTAPE DE LA
RÉALISATION DE LA
SCULPTURE-FONTAINE
" DORMEUSE AU JARDIN "

Sculpture et supervision des étapes:
Céline White et Jean-Guy White

Moulage:
Jean-Guy White et Richard Morin

Patine et application de l’or 23 carats: Encadrements Marcel

  1. Vue du moule de latex de la dormeuse dans sa coquille rigide.
  2. Préparation du moule.
  3. Application de l’agent séparateur en aerosol.
  4. Mesure de la résine.
  5. Mesure du catalyseur.
  6. Mélange de la resinr et du catalyseur.
  7. Application des bandes de fibre.
  8. Application de la résine sur la fibre.
  9. Saupoudrage des particules de fibre.
  10. Ajout de particules de fibre.
  11. On imbibe les particules de fibre a l’aide d’un pinceau et on procède à l’application de bandes de fibre sur les côtés et la base de la sculpture.
  1. Insertion des structures en acier inoxydable et nettoyage après l‘insertion des structures en acier inoxydable.
  2. Coulée du la mousse à expansion dans les espaces vides à l’intérim de la sculpture. La mousse à expansion remplit les espaces vides à l’intérieur de la sculpture.
  3. Sculpture de la dormeuse terminée.


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